Importer un relevé bancaire dans un logiciel de comptabilité
La plupart des logiciels de comptabilité — qu'il s'agisse d'une solution en ligne pour indépendants, d'un outil de tenue collaborative ou d'un progiciel installé en cabinet — se connectent directement aux banques par agrégation. Quand cette connexion existe et fonctionne, elle reste la meilleure voie : rien à préparer, rien à ressaisir.
L'import manuel redevient nécessaire dans plusieurs situations courantes :
- la banque n'est pas prise en charge par l'agrégateur, ou la connexion est rompue depuis plusieurs semaines ;
- il faut reprendre l'historique d'un exercice antérieur à la mise en place de l'outil, alors que l'agrégation ne remonte souvent que 90 jours ;
- le compte est clôturé, ou détenu par un tiers (société rachetée, indivision, association dont on reprend la trésorerie) ;
- l'expert-comptable reçoit du client des relevés PDF et rien d'autre.
Dans tous ces cas, le point de départ est un PDF, et le point d'arrivée un fichier tabulaire propre. Cette page décrit ce que ce fichier doit contenir.
Les trois formats d'import
CSV — accepté à peu près partout, avec un écran de correspondance des colonnes au moment de l'import. C'est le format le plus souple et celui qu'il faut viser par défaut.
OFX — format bancaire structuré, historiquement issu de Money et Quicken. Il porte le type d'opération et un identifiant unique par mouvement, ce qui permet au logiciel de détecter les doublons. Il est accepté par la majorité des outils comptables français, mais il ne se produit pas à la main : il faut soit le télécharger depuis la banque, soit passer par un convertisseur.
QIF — ancêtre du précédent, encore accepté par certains outils, sans identifiant de doublon ni gestion propre des devises. À éviter si le CSV est possible.
Les colonnes attendues dans un CSV bancaire
La correspondance demandée par les logiciels varie dans les libellés, jamais beaucoup dans le fond. Un fichier qui contient ces colonnes passe partout :
| Colonne | Contenu | Remarque |
|---|---|---|
| Date | Date de l'opération | Format à fixer explicitement (voir plus bas) |
| Date de valeur | Date de valeur | Facultative, mais gardez-la si le relevé la donne |
| Libellé | Texte de l'opération | Une seule cellule, sans retour à la ligne |
| Débit | Montant sorti | Positif, cellule vide si l'opération est un crédit |
| Crédit | Montant entré | Positif, cellule vide si l'opération est un débit |
| Solde | Solde après opération | Facultative, précieuse pour le contrôle |
Certains outils préfèrent une colonne unique de montant signé (négatif pour un débit) plutôt que deux colonnes. La conversion est immédiate dans Excel : =SI(D2<>"";-D2;E2), en supposant Débit en colonne D et Crédit en colonne E. Gardez les deux versions du fichier, vous saurez laquelle fournir au moment de l'import.
Les quatre écueils qui font échouer un import
Le format de date. 03/09/2026 est lu comme le 9 mars par un logiciel réglé sur le format américain. Le format le plus sûr est AAAA-MM-JJ (2026-09-03), reconnu partout et non ambigu. Si vous produisez le CSV depuis Excel, forcez le format de la colonne avant d'enregistrer : une date reformatée à l'affichage seulement sortira dans son format d'origine.
Le séparateur décimal. Un logiciel qui attend un point sur un fichier écrit avec des virgules lira 84,52 comme du texte, ou pire comme 8452. Vérifiez ce que demande l'écran d'import, et supprimez systématiquement les séparateurs de milliers — l'espace insécable qu'utilisent les relevés français est particulièrement nuisible.
L'encodage. Un CSV enregistré en ISO-8859-1 affiche VIREMENT RE�U dans un outil qui attend de l'UTF-8. Enregistrez en UTF-8 ; dans Excel, choisissez explicitement « CSV UTF-8 (délimité par des virgules) » et non le CSV par défaut.
Le séparateur de colonnes. Excel en configuration française écrit un point-virgule là où beaucoup d'outils attendent une virgule. C'est le premier réglage à regarder quand l'import place tout le contenu dans une seule colonne.
Contrôler avant d'importer, pas après
Un import raté se corrige mal : selon les logiciels, il faut supprimer les écritures une par une, ou annuler tout un lot. Trois vérifications, deux minutes, sur le fichier avant l'envoi :
- Le nombre de lignes correspond au nombre d'opérations du relevé.
- Le contrôle de solde tombe juste : solde d'ouverture + total des crédits − total des débits = solde de clôture imprimé sur le relevé. C'est la vérification qui attrape à peu près toutes les erreurs de lecture, y compris une ligne manquante.
- Aucune cellule de montant n'est du texte : sélectionnez les colonnes Débit et Crédit, la barre d'état d'Excel doit afficher une somme. Si elle n'affiche rien, les nombres sont des chaînes de caractères.
Produire le fichier à partir du PDF
C'est exactement ce que fait Relevé → Excel : vous déposez le relevé PDF, l'aperçu gratuit montre les cinq premières lignes et le résultat du contrôle de solde, puis vous téléchargez le tableau en .xlsx ou en .csv avec les colonnes Date, Date de valeur, Libellé, Débit, Crédit, Solde — c'est-à-dire, déjà, la structure attendue par les écrans d'import. Le CSV est écrit en UTF-8.
Pour un exercice complet, comptez un relevé par mois ; le lot de cinq conversions à 9,90 € est prévu pour cet usage, et le guide fusionner plusieurs relevés explique comment les empiler proprement dans un seul classeur avant l'import.
Questions fréquentes
Mon logiciel demande un fichier OFX et je n'ai qu'un PDF.
Convertissez d'abord le relevé en CSV, puis regardez si l'écran d'import accepte réellement le CSV : c'est presque toujours le cas, l'OFX n'étant qu'un choix proposé parmi d'autres. Si le logiciel n'accepte que l'OFX, un convertisseur CSV → OFX intercalé est nécessaire ; c'est une étape supplémentaire qui fait perdre l'intérêt de la manœuvre, et il vaut mieux vérifier auprès de l'éditeur.
Comment éviter les doublons avec les opérations déjà agrégées ?
Importez uniquement des périodes qui ne se chevauchent pas avec ce que la connexion bancaire a déjà rapatrié, et vérifiez la date de la première opération agrégée avant de choisir la borne de votre fichier. En CSV, aucun identifiant unique ne circule : la détection de doublon dépend entièrement du logiciel, et elle est rarement fiable sur deux sources différentes.
Les libellés doivent-ils être nettoyés avant l'import ?
Non, et il vaut mieux ne pas y toucher : les règles de catégorisation automatique des logiciels s'appuient sur le libellé brut de la banque. Un libellé raccourci ou reformulé casse ces règles.
Extraction automatique : à vérifier avant tout usage comptable. Ce guide décrit des principes d'import généraux ; les écrans, formats acceptés et limites exacts dépendent de votre logiciel et de sa version.